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Pour IESF, cette distinction met également en lumière un parcours particulièrement emblématique : celui d'un ingénieur qui a consacré sa carrière à la recherche et dont les travaux ont contribué à faire progresser la chimie moderne.
Henri B. Kagan est diplômé de l'École nationale supérieure de chimie de Paris, qu'il intègre avant d'obtenir son diplôme d'ingénieur en 1954. L'établissement est aujourd'hui connu sous le nom de Chimie ParisTech - PSL. Après cette formation, il poursuit ses études au Collège de France, où il prépare une thèse sous la direction de Jean Jacques. Il obtient en 1960 le titre de docteur ès sciences physiques. Cette double formation, à la croisée de l'ingénierie et des sciences fondamentales, accompagne ensuite l'ensemble de sa carrière.
En 1967, Henri B. Kagan fonde son groupe de recherche à la faculté des sciences d'Orsay. Il y développe notamment des recherches consacrées à la chimie asymétrique, un domaine essentiel pour la conception et la production de nombreuses molécules utilisées en médecine.
Ses travaux, comme ceux de Kenso Soai, portent notamment sur des phénomènes d'autocatalyse et sur les effets non linéaires observés au cours de certaines réactions chimiques.
Leur importance dépasse le cadre de la recherche fondamentale : la maîtrise de ces phénomènes peut notamment contribuer au développement de méthodes plus efficaces pour produire certaines molécules complexes, dont des substances entrant dans la composition de médicaments.
Au-delà de la récompense scientifique, le parcours d'Henri B. Kagan constitue un exemple de la manière dont les différentes disciplines scientifiques peuvent se compléter.
Sa trajectoire, commencée dans une école d'ingénieurs avant de se poursuivre dans la recherche académique, rappelle que l'ingénierie et la recherche scientifique ne sont pas deux univers séparés. Elles peuvent au contraire se nourrir mutuellement pour faire émerger de nouvelles connaissances et répondre à des problématiques concrètes.
Cette distinction constitue aussi un signal fort pour les jeunes générations : les parcours scientifiques peuvent ouvrir la voie à des carrières dans lesquelles recherche, innovation et impact industriel se rejoignent.
Pour IESF, la reconnaissance internationale accordée à Henri B. Kagan est également l'occasion de rappeler l'importance de la science, de l'ingénierie et de la recherche dans les choix qui structurent notre société.
Dans un contexte où la France et l'Europe cherchent à renforcer leur autonomie dans plusieurs secteurs stratégiques, le développement des compétences scientifiques et technologiques constitue un enjeu majeur. La chimie et les matériaux figurent notamment parmi les domaines dans lesquels la recherche et l'industrie doivent continuer à travailler ensemble pour soutenir l'innovation et la compétitivité européennes.
Le parcours d'Henri B. Kagan rappelle ainsi qu'une formation scientifique exigeante peut conduire à des découvertes dont les répercussions dépassent largement le laboratoire.
IESF adresse ses félicitations à Henri B. Kagan et Kenso Soai pour l'attribution du prix Nobel de chimie 2026.