7/6/2023 - Politique européenne de l’énergie

Comité ENERGIE IESF - illustration

Note concernant l’article de l’Académie des Technologies dans Le Point de Mai 2023 : « Pour une nouvelle politique européenne de l’énergie ».

 

Cet article fait le procès de la politique énergétique mise en place par l’Union Européenne à partir de 1996. L’objectif de cette politique est la réduction des gaz à effet de serre, essentiellement du CO2, tout en assurant une transition énergétique la moins douloureuse possible au niveau des consommateurs. Les moyens proposés - en fait imposés - sont d’une part le développement des énergies renouvelables, d’autre part la libéralisation du marché de l’électricité, principal produit des énergies renouvelables.

 

Quels sont les résultats ?

 

La réduction des émissions de CO2 a effectivement été obtenue jusqu’à présent, mais la fixation récente d’objectifs très ambitieux pour le développement des énergies renouvelables est largement irréaliste, ainsi que par contrecoup le taux annuel de réduction des émissions de CO2. Il y a incohérence entre les objectifs fixés et les moyens techniques, en fait Le Moyen technique : les énergies renouvelables.

 

Le nucléaire, énergie décarbonée, n’est retenue qu’à titre provisoire en tant qu’énergie de transition, au même niveau que le gaz naturel (position de l’Union Européenne avant déclenchement de la guerre en Ukraine…). Par ailleurs, la libéralisation du marché de l’électricité – dont l’importance doit croître fortement, compte tenu de ce que les énergies renouvelables conduisent à de l’électricité, biomasse exceptée) - et l’introduction de la concurrence n’ont pas prouvé leur efficacité pour contenir les prix au niveau des consommateurs. Concernant l’effet de la concurrence, une étude récente conduite par un membre du Comité Energie (Lionel Taccoen) montre qu’au pays du libéralisme (les Etats Unis), les Etats ayant choisi de conserver les monopoles de production de l’électricité garantissent les prix les plus attractifs… Ceci avait d’ailleurs été prévu dès le départ par Marcel Boiteux.

 

Le développement des énergies renouvelables permettra-t-il d’arriver au « Zéro Emission Nette » (en 2050) ? La réponse est négative, et il sera nécessaire de passer d’une dépendance aux énergies fossiles à une dépendance à de l’hydrogène importé, pour l’instant mal définie quant aux acteurs impliqués.

 

L’approche actuelle de l’Union Européenne néglige un facteur essentiel qui est la sécurité énergétique, au niveau de chaque pays, comme l’a clairement démontré la situation actuelle. Cette sécurité ne pourra être atteinte selon l’Académie des Technologies qu’en rétablissant le principe de subsidiarité dans le domaine de l’énergie, et en donnant toute sa place à l’énergie nucléaire dans les pays qui en accepteront le développement ou le retour, ce qui est le point de vue de l’IESF.

 

L’article ne mentionne pas les développements en cours qui permettront de mettre sur le marché la génération IV et ses cycles de combustible fermés, ce « nouveau » nucléaire pouvant être considéré par certains comme renouvelable (réacteurs surgénérateurs à déchets réduits).

 

En définitive, rien de très nouveau dans cet article, en dehors d’un procès en bonne et due forme de la politique énergétique menée par l’union Européenne, à son détriment.

 

le 7 juin 2023

Edouard Freund

Président du comité énergie IESF

 

 

 

 
Dernière modification : 08/06/2023

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